Compte rendu imaginaire d’une sortie ornitho « confinée » à la manade Lafon

      Compte-rendu fictif d’une sortie qui n’a jamais été faite…

(Attention  ! toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées serait purement fortuite.)

Cette idée, née sous la pression conjuguée de Laurent le planificateur et de l’esprit farfelu de mon épouse opiniâtre, je ne pouvais que m’y exécuter et vous faire le récit de cette fameuse sortie ornitho à la manade Lafon.

Entre les ravages du temps qui diluent les souvenirs et le confinement qui finit par embrumer le cerveau, je me dépêche de vous le faire, ce fameux C.R., d’une journée exceptionnelle… qui n’a jamais eu lieu !

D’autant que je peux faire une croix sur mes photos à cause des colères divines qui nous privent de soleil depuis deux jours.

9H00 : 20 apôtres adorateurs de Dame Nature sont là, à notre point de rendez-vous traditionnel, la chapelle (euh ! Pardon la cabane…) de gardian, pour la grand messe pascale, sous la houlette de leur guide spirituel, (qui ne l’est pas toujours ! ) le druide Hervix.

Ils sont venus honorer toutes ces créatures arrivées par les voies célestes jusqu’au marais pour perpétuer le prodige de la vie.

Et tous ces fidèles seront comblés !

Ils se retrouveront au milieu d’une nature triomphante, peuplée d’animaux comme aux premiers matins du monde.

A midi, ils chanteront (de plus en plus faux) les louanges de la vie autour de quelques breuvages miraculeux apportés en cadeau par les sacristains Philippix et Andrix, pleins de miséricorde pour les pauvres terriens que nous sommes.

Après n’avoir pas assouvi leur soif de connaissances qu’avec de l’eau bénite, ils ont vu apparaître, dans cet écrin nimbé de lumière, les plus belles créatures de ce sanctuaire, allant de l’Ibis sacré, à la Mésange nonnette en passant par le Faucon pèlerin et le crécerelle qui fait le Saint-Esprit…

Après le repas, certains bienheureux, qui avaient un peu abusé des philtres sacrés, ont même juré sur tous les saints avoir vu passer un Vautour moine (un miracle qui n’a toutefois pas été homologué…)

C’est au moment où le ciel devient incandescent, dans l’indolente douceur du crépuscule, quand les ombres s’étirent à l’infini, que les fidèles songent à se séparer.

Les ultimes cris rauques du Râle (qui n’est pas le dernier) émanent de la roselière.

Les plumeaux dorés des phragmites ondulent mollement sous la brise pour bercer notre divine Camargue et l’aider à s’endormir.

Ce n’est que lorsque les pipistrelles commenceront à survoler le marais, et que la petite souris s’écriera : « maman , un ange passe ! » que les paroissiens, touchés par la grâce, se sépareront…

Prions, mes frères, pour qu’on ne se revoit pas à la saint-glinglin…

H.B.

Photos de quelques créatures mythiques prises ce jour-là… ou un autre… enfin j’sais plus…

Coucou geai :

Glaréole à collier :

Echasse blanche :

Avocette élégante :

Chevalier cul-blanc :

Busard des roseaux :

Paroissiennes après les agapes :

Circaète Jean le Blanc :

Chevalier guignette :

Chevalier aboyeur :

Tadorne de Belon :

Cygne tuberculé :

Héron pourpré :

Grande aigrette :

Chevalier sylvain :