Sortie aux Marais de l’Ilon

Mercredi 30 novembre 2016

Sur une très bonne idée de Roselyne Lupérini nous sommes allés avec une météo riante, soleil et pas de vent, découvrir la Réserve Régionale de l’Ilon. C’est une propriété privée située au coeur du triangle formé par Maussane les Alpilles, Saint Martin de Crau et Arles.
Le lieu est plein d’intérêt : au niveau de la route nous sommes en végétation de garrigue avec la pierre des Alpilles; à l’horizon en face de nous se dessinent le rocher des Baux de Provence et le pic de La Caume.

   
Timothee, de l’association A. Rocha, nous guide et commente les biotopes et leurs habitants. Nous avançons sur un chemin communal de 3 km autorisé au public.
Nous descendons progressivement pour se rapprocher de la zone humide, le milieu se modifie rapidement : des arbres plus nombreux, une végétation plus herbacée. Le sentier passe sous le couvert des arbres. On croise quelques Coprins couleur d’encre.

     

L’Ilon est tout ce qu’il reste actuellement des immenses marais des Baux alimentés par les eaux provenant des Alpilles et des résurgences de La Crau. La vallée a été drainée depuis le 17ème siècle et les cultures intensives ont suivi.

De grandes manades de toros espagnols se partagent les terres  tout autour de L’Ilon.
Le chemin est  bordé de clôtures barbelées  avec de petites pancartes « attention danger toros de combat ».
Heureusement les bestiaux ne sont pas là et nous avons l’autorisation du propriétaire d’entrer dans leurs pâtures pour s’approcher des petits canaux et des trous d’eau. Les plus courageux à hautes bottes se risquent dans l’eau.

Le lieu préservé depuis longtemps possède une très belle forêt de chênes verts, certains en cépée ( plusieurs troncs ensemble) avec des exemplaire de 150 ans . Les toros semblent aller faire la sieste dessous .

  

Aujourd’hui  pas de rapaces extraordinaires mais on peut voir l’Aigle de Bonelli et le Circaète Jean-le-Blanc chasser. C’est un lieu intéressant à toutes les saisons pour les oiseaux : le Butor étoilé est hivernant et pendant la migration le peuple des roselières s’y arrête (les marouettes sont possibles).
Pour nous Aigrette garzette, Grande aigrette, Canard chipeau, Sarcelles d’hiver, Canard colvert, Buse variable .


Le fond sonore est riche de tous les passereaux de zone humide ( Bouscarle de Cetti et compagnie)  et chance nous entendons des Râles d’eau ( cris de cochon qu’on égorge) et des poules sultanes à plusieurs reprises tout près de nous.

La présence de Marisque cladium indique la grande pureté de l’eau au fond de ce marais qui reçoit des résurgences d’eau fraîche.


Au fond il existe une dizaine de sources, les « lorons », en dessous d’un tapis de tourbe flottante, zone très dangereuse pour les toros ; c’est d’ailleurs ce qui fait qu’elle a été préservée de tout aménagement.

Bel après midi  avec les jumelles et lunettes pour une quinzaine d’entre nous .
Et surtout il  faudrait trouver le moyen d’y retourner au printemps ou en début d’été , une cinquantaine d’espèces de libellules!!! des oiseaux , la Diane pour laquelle on tond une pelouse, l’orchis à fleurs lâches , la cistude , le castor, le pélobate cultripède….

Danièle Tixier-Inrep