Sortie ornitho au Pont de Gau

Pour cette balade ornithologique d’hiver, pilotée par Hervé Bertozzi, le temps était un peu frisquet mais sans vent et avec une lumière sublime.
Nous fûmes accueillis par René Lamouroux, le fondateur de la Réserve Ornithologique du Pont de Gau qui nous présenta très gentiment les lieux.
Un groupe de 19 personnes s’est donc formé dont quelques unes ayant découvert l’association récemment mais revenant visiblement avec plaisir.
Ceux qui sont venus en passant près de Saint Gilles ont pu voir beaucoup de grues encore mais à Pont de Gau qu’espéraient ils voir ?
A cette période de l’année c’est la parade des flamants roses, dont un drôle de flamant rose commentait toutes les phases.
Dans un premier temps les mâles défilent en rang, marchant dignement le cou tendu, synchronisés pour tourner vivement la tête à droite ou à gauche.

Les femelles ne semblent pas assez captivées, alors les figures de style s’enchainent, corps redressé, les ailes se déploient en grand format, noir et rose flashy  qui tranchent sur le blanc rosé.

Ou ailes en ciseaux, le corps basculé en avant.

Il y a bien quelques explications ou invitations les plumes hérissées.

Quelquefois la séduction marche, le mâle est posé sur le dos de la femelle pendant l’accouplement.
Et à la fin il se laisse glisser vers l’avant comme sur un toboggan, la femelle penche le corps vers l’avant pour faciliter la descente.
Des couples se forment et se tricotent les cous.
Adieu le Sud de Pont de Gau
Nous partons pour les observatoires de l’étang de Ginès au Nord.
Depuis la tour à étage le spectacle est différent.
Beaucoup de Sarcelles d’hiver
Des Tadornes de Belon
Des Canards souchet
Des Avocettes élégantes
Des Chevaliers gambette
Des Pluviers argentés
Aigrette garzette
Et une très belle observation du Râle d’eau, d’ordinaire plus enclin à se faire entendre qu’à se montrer.
Dans les héronnières les couples de Hérons cendrés rechargent leur nid avec des branchages.
Les becs des Hérons en période nuptiale sont très rouges au lieu du jaune habituel.
Ce sont les premiers à nicher, viendront les rejoindre dans la colonie un peu plus tard les Aigrettes garzette, les Bihoreaux gris, les Hérons garde-bœufs…
Pour finir la visite un petit retour sur les étangs du Sud avec une surprise.
Celui là n’est pas un flamant rose c’est un flamant nain.
Très coloré, l’œil rouge et non pas jaune, un plumage haut en couleur, le bec violet avec la pointe noire, les ailes déployées sont superbes.
C’est un mâle qui traine en Camargue. Il y en a peut être quelques autres, rares individus échappés de captivité ?
Il se trouve au milieu des Flamants roses et il est un tout petit peu plus petit qu’une femelle de Flamant rose.
Visiblement il est en compagnie de l’autre espèce mais ne peut se reproduire avec.
Texte et photos : Danièle Tixier-Inrep
Et comme c’était une très chouette sortie, un deuxième compte-rendu de Maryvonne accompagné des photos d’Hervé :

Che bella giornata, what a beautiful day, quelle belle journée…

On pourra le dire dans toutes les langues, cette sortie au parc ornithologique de Pont de Gau fut, en effet, une réussite.

Le Mistral s’est enfin arrêté.

Sur le parking, dès 9h30, 17 passionnés, rejoints bientôt par 2 autres curieux de Nature se retrouvent pour la petite collation traditionnelle.

René, le patriarche et créateur du parc vient nous accueillir.

Quelques Roitelets virevoltent au dessus des têtes chenues, comme pour donner le « la » à une journée qui s’annonce ensoleillée (au sens propre comme au sens figuré…).

La mission du jour, donnée par Laurent, notre talentueux programmateur, était de décrypter les différentes phases de la parade nuptiale des Flamants roses entamée il y a 2 mois.

D’emblée, sous nos yeux, vont timidement commencer les premiers pas de danse étranges et très codifiés (environ 9 figures imposées sont au programme, de ces grand échalas, images d’Epinal de la « Camargue Sauvage » (bof!)…

Pour donner plus de corps à ses explications, Hervé notre guide spirituel (pas toujours…) s’est vêtu de rose de la tête au bec pour commenter les différentes postures, sans tenter, dieu merci pour lui, d’aller jusqu’à l’accouplement qui normalement cèle, mais pour 1 an seulement, la formation du couple. (Tout ça pour ça!).

Les Flamants ont un secret pour séduire les filles : ils possèdent à la base du croupion, une glande, qui délivre de la graisse pour imperméabiliser leurs plumes, chez eux elle est riche en carotène (trouvée dans leur nourriture) ce qui accentue leur coloration. On comprend mieux pourquoi la femelle voit la vie en rose avec l’élu de son cœur le plus coloré…

A midi, un joyeux repas-partage entre tous ces aventuriers des temps modernes se déroule sur le promontoire en bois de la terrasse avec, sous les yeux, les aller-retour permanents des Hérons transportant des branchages pour consolider leur nid volumineux…

Chipant au passage, ceux du voisin…

L’aprés-midi, les rencontres marquantes avec nos amis à plumes furent nombreuses mais, sans faire une liste à la Prévert nous n’évoquerons que ce passage à l’observatoire à étage là, où la promiscuité avec les limicoles et les canards permet de donner plus de vie aux formations.

On peut noter cette rencontre inattendue avec un Râle d’eau et ses postures improbables ou encore la découverte d’un Flamant nain sur les marais du sud.

Ce petit gabarit au rose pétard qui nous viendrait du Sénégal appartient à l’une des 5 familles des Phénicoptéridae, (il fallait le placer celui-là!) soit les oiseaux aux ailes de feu, qui habitent notre planète.

Il y avait quelque chose de pathétique dans ses tentatives de séduction de nos femelles autochtones qui le repoussaient avec véhémence.

( Nous les filles, on aime bien le rose, mais pas n’importe lequel…) Le pôvre…

Bref ! comme un bon compte-rendu doit être succint, on s’arrêtera là pour cette fois, avec ce bel oiseau, qui un jour, peut-être, trouvera l’âme sœur.

Peu avant 16h le groupe s’est éclaté, dans les deux sens du terme.

Certains voulant encore s’en mettre plein les mirettes en allant faire un tour du côté de la route des Iscles pour saluer les géantes des airs, les Grues Cendrées, avant leur grand retour vers le nord.

Mais ça c’est pour une autre histoire…

Mary

Vous pouvez retrouver ici les espèces rencontrées ce jour là.